Dossier Lippens

Fortis, Maurice Lippens - questions a la une

 

 

 

 

Maurice, Leopold, Deux freres qui se permettent tout. 

Maintenant c est Fortis qui en bave, mais n oublies pas Il y a deja des decades que le nom des Lippens se retrouve dans des dossiers pas tres net.  Et a chaque fois ce qui se remarque, c est que la Justice les oublie. Noblesse oblige peut etre. Corruption sur la plage, implications dans des dossiers de phedophilie, Corruptions dans La Cie du Zoute etc... Mais nos deux freres ne sont jamais inquietes. Inquietant non? 

 

 

Questions à la une : Fortis, c'est l'histoire d'un mec...

 

 

 

 

 

02.02.09 - 17:20 Et ce mec, c’est le Comte Lippens. Il se tait dans toutes les langues. Ca n’a pas empêché Questions à la une de lui tailler un costume.

C’est probablement l’émission la plus attendue depuis que le magazine existe. Quelques semaines déjà après le fameux week-end des 4 et 5 octobre 2008, qui a vu le démantèlement de la plus grande banque de Belgique, nous recevions des mails de spectateurs nous demandant de nous occuper de l’affaire Fortis. Tout le monde, à ce moment-là, sentait que quelque chose d’historique se tramait.

Nous avons lancé les enquêtes mais traiter d’une matière mouvante, en perpétuelle actualité, n’est pas chose aisée quand on fait de l’investigation. Il faut du recul. C’est que la matière est complexe. Elle est aussi absolument fascinante. C’est un scénario de film. Tout ceux qui ont vécu les événements de loin, en tentant de comprendre dans la presse les tenants et aboutissants de ce naufrage vécu en direct, trouveront dans l’antenne de Questions à la une ce mercredi soir un éclairage surprenant sur les responsabilités du drame (« Fortis : à qui la faute ? ») mais peut-être et surtout sur l’historique de cet électrochoc majeur dans notre histoire économique et financière (« Aurait-on pu éviter la crise ? »), un électrochoc dont on ne mesure encore ni l’impact, ni l’importance…

Ainsi, la seconde enquête de notre magazine se penche sur l’acteur central du drame : Maurice Lippens. De tous les intervenants principaux du film, le Comte Lippens est le seul à avoir refusé toute interview. Ce n’est pas étonnant : son histoire est intimement liée à la débâcle. L’histoire d’un jeune aristocrate à qui tout réussit : arrivé au début des années 80 dans la compagnie d’assurances AG, une bonne vieille compagnie on ne peut plus traditionnelle, il n’aura de cesse de transformer la grenouille en bœuf avec une boulimie peu commune. Jugez plutôt : 1990, fusion avec l’assureur néerlandais AMEV et création de Fortis, 1993, achat de la moitié de la CGER, 1995, acquisition de la SNCI et, en 1998 c’est, ni plus ni moins, la Générale de Banque qui est avalée. Tout cela au prix de l’intégration dans l’actionnariat de très gros groupes d’investisseurs privés (Asfalés – Janssen Farmaceutica, Ackermans-Van Haaren, holding du Bel 20, Mees Pierson, gestionnaire de fortune néerlandais, etc…).

En moins de 10 ans, Fortis, avec 65 000 salariés, devient la plus grosse entreprise de Belgique. Les cours de bourse atteignent des sommets inédits, Lippens est au faîte de sa gloire. Tout ce qu’il touche se transforme en or : en 2003, 2004, 2005, les rendements du groupe dépassent les 20% par an. Grisé par son succès, dans l’obligation de maintenir des rendements élevés, la banque se lance, à coup de milliards, dans les fameux CDO, de nouveaux produits miracles, avec leurs subprimes. Personne ne s’en plaint : en 2007, le cours de Fortis atteint des sommets records. C’est alors que Sir Fred Goodwin, le patron de la Royal Bank of Scotland, téléphone à Lippens pour racheter ABN AMRO. Il en coûtera à Fortis 24 milliards d’euros, 962 milliards d’anciens francs belges, la moitié de sa valeur boursière… Qu’importe, si le prix à payer pour faire partie du gotha est le prix de la démesure : voilà le patron d’une petite compagnie d’assurances belge devenu un nabab de la haute finance internationale. Le reste est une histoire connue…

Les grandes réussites, les grands échecs se résument souvent à des histoires humaines. Aujourd’hui, le Comte Lippens se terre dans sa cage dorée. Une œuvre de 30 ans réduite en poussière. D’immenses fortunes parties en fumée. Cinq cent mille actionnaires qui ont pratiquement tout perdu. Quel bilan ! On aurait voulu que le Comte Lippens ait une phrase, un mot, qu’il sorte de son mutisme, quatre mois après la bérézina… Il n’en sera rien. A la place, nous aurons droit, notamment, à cette confession incroyable de Gilbert Mittler, ex-directeur financier de Fortis qui, soit dit en passant, a quitté le groupe en octobre dernier avec une petite enveloppe de 4 millions d’euros : «Ca ne sera sans doute pas bien perçu mais, personnellement, je n’ai pas de sentiment de culpabilité. Je pense que toutes les personnes qui ont travaillé pendant tout le temps où elles étaient là ont travaillé à fond. Elles estimaient qu’elles faisaient le maximum pour prendre les meilleures décisions qui soient, dans un total dévouement à l’entreprise ». C’est sûr que, si un maximum d’incompétents travaillent à fond pour faire les meilleures conneries avec un total dévouement, ça fini par faire de gros dégâts.

Marc Bouvier

Chef de production et responsable éditorial de Questions à la une

Ce mercredi dans Questions à la une :

1/ Fortis : à qui la faute ?

2/ Aurait-on pu éviter la crise ?